Communication entre parents et enfants - Thérapie cognitivo-comportementale en groupe

Thérapie cognitivo-comportementale en groupe
Aller au contenu
Losseni Fofana
Psychologue-psychothérapeute
Agréé par l'ARS sous l'identifiant
779317478 ADELI
Membre actif de l'AFTCC
Téléphone : 0679761551
E-mail: loss.fofana@hotmail.fr

Communication entre parents et enfants

Les parents sont des êtres humains et rien d'autre

    Lorsqu'un enfant rentre dans notre vie, nous commençons à jouer un rôle (celui de bon parent), oubliant que nous ne sommes que des êtres humains. Ce changement de comportement devient une source d'erreurs et d'incompréhension.
   
    Nous cessons d'être nous-mêmes quels que soient nos sentiments dans différentes circonstances. Cette nouvelle responsabilité dont nous sommes investis nous oblige à être toujours constants dans nos sentiments, toujours affectueux avec nos enfants, inconditionnellement réceptifs et tolérants. De surcroît, nous mettons de côté nos besoins personnels, nous pensons qu'il faut être juste en tout temps et qu'il ne faut surtout pas répéter les erreurs que nos parents ont commises à notre égard. Les intentions sont certes louables, mais elles sont inefficaces. La pire erreur est d'oublier sa propre nature d'être humain. Les enfants apprécient chez leurs parents cette qualité d'authenticité et d'humanité. Il faut donc s'accepter en tant que personne, éprouver des sentiments positifs aussi bien que des sentiments négatifs à l'égard de ses enfants. Il est également important que le père et la mère n'aient pas à présenter un front commun dans leurs relations avec leurs enfants, c'est-à-dire, s'appuyer mutuellement afin d'amener l'enfant à croire que tous les deux réagiront toujours de la même façon devant un comportement particulier. Cependant, il est essentiel d'apprendre à connaître ce que nous ressentons au fond de nous-mêmes.

    Plusieurs facteurs influencent nos comportements face à ce que fait ou dit notre enfant (accepter ou refuser). Nous pouvons accepter certains comportements de l'enfant, alors que d'autres nous paraissent inacceptables :
 
 
 
·         Notre personnalité : Certains parents ont un taux d'acceptabilité élevé du fait d'une personnalité qui manifeste un sentiment de sécurité intérieur, un haut niveau de tolérance, une bonne estime de soi, une appréciation de soi indépendante de ce qui se passe dans l'environnement. Les gens peuvent se laisser aller et parler ouvertement à ces personnes. D'autres parents, au contraire, ont un taux d'acceptabilité bas. Ils trouvent toujours dans le comportement des autres, quelque chose qui leur est inacceptable. Les enfants de ceux-ci n'ont jamais un moment de tranquillité.

    Entre ces deux attitudes parentales, il y a sans doute une ligne de démarcation. Cette ligne peut être influencée par des aspects de la personnalité de l'enfant. Celui-ci peut être agressif ou hyperactif, malade dès la naissance, il peut avoir le sommeil difficile, pleurer fréquemment ou avoir des coliques. Ces conditions constituent une réelle épreuve pour les parents. Cette ligne de démarcation ne peut donc pas être statique : elle peut monter et descendre.

 
·         Notre état d'esprit : Lorsque le parent se sent énergique, en bonne santé, bien dans sa peau, son taux d'acceptabilité sera élevé pour un grand nombre de comportements de l'enfant. Au contraire, lorsqu'il se sent fatigué par manque de sommeil, ou qu'il a mal à la tête, ou qu'il se sent mal dans sa peau, il sera dérangé par beaucoup d'aspects du comportement de l'enfant.
 
 
·         La situation : La capacité d'acceptation est généralement moins élevée lorsque la famille est en visite chez des amis que lorsqu'elle est seule à la maison. Le niveau de tolérance baisse également lorsque les grands parents sont présents. Les enfants ont du mal à comprendre que les parents soient moins tolérants pour leurs comportements à table lorsqu'il y a des invités, alors que ces mêmes comportements sont acceptables dans l'intimité familiale.

Les parents ont le droit de ne pas être constants
 
 
 
  En effet, il est inévitable que les parents soient quelque fois inconstants puisque leurs sentiments changent selon les jours, selon les enfants et selon les situations. S'ils tentent de rester constants, ils ne peuvent pas demeurer fidèles à eux-mêmes. La plupart des gens pensent que les parents doivent éviter à tout prix d'être inconstants dans leurs relations avec leurs enfants. Cette croyance généralement répandue oublie que les situations au tant que les enfants peuvent être différents, et que le père et la mère sont également des êtres humains différents. Une telle croyance a incité les parents à jouer un rôle et prétendre qu'ils doivent avoir le même sentiment quelles que soient les circonstances.

Acceptation contre sa propre nature
 
 
 
  Aucun parent ne peut être toujours d'accord avec les agissements de son enfant. Certains agissements sont inévitablement inacceptables. J'ai connu des parents dont le taux d'acceptabilité était très bas, mais je n'ai jamais rencontré un seul parent qui acceptait de façon inconditionnelle les agissements de son enfant. Certains parents prétendent accepter une grande partie des agissements de leurs enfants, mais ils jouent le rôle de "bons parents" et par conséquent se mentent à eux-mêmes, parce qu'une partie d'eux accepte alors que l'autre partie ressent de la frustration. Par exemple, un parent qui est permissif quand son enfant ne veut pas aller se coucher alors qu'il craint que le manque de sommeil ne le rende irritable le lendemain ou encore qu'il n'attrape un rhume, aura un sentiment de culpabilité. ce parent évite de s'affirmer, sans doute, de peur d'être en contradiction avec ses principes (de bon parent). Il se comporte comme s'il acceptait que son enfant reste éveillé, mais au fond de lui-même, il n'accepte pas du tout. En fait, il troque le désir immédiat de l'enfant contre la tranquillité de toute la famille le lendemain. Ce qu'il semble ignorer, c'est que les enfants sont très sensibles aux attitudes de leurs parents. Dans cette situation, la frustration du parent transparait dans ses messages non verbaux par le froncement des sourcils, un regard sévère, une intonation particulière de la voix, la tension du visage, etc. Même le très jeune enfant perçoit ces indications et comprend que le parent n'accepte pas son comportement, et peut avoir l'impression de ne pas être aimé. C'est cette attitude ambigüe du parent (accepté et contrarié) qui est responsable de la confusion à l'intérieur de l'enfant : il veut rester éveillé, mais il veut aussi être aimé. C’est ce que les psychologues appellent « la double contrainte ». Placer un enfant dans un tel dilemme pourrait affecter sa santé psychologique.
 
 
 
  Ce type d'attitude parentale peut à la longue nuire considérablement à la relation avec leurs enfants. Les enfants en arriveront à se méfier de tels parents qui disent une chose alors qu'ils en ressentent une autre.
 
 
 
  Il ne s'agit pas ici d'autorité et de pouvoir. Tout le monde sait que les enfants détestent les limites, les restrictions ou les interdits imposés par leurs parents, peu importe les explications qui pourraient accompagner ces manifestations d'autorité et de pouvoir. Si les parents décident d'établir des limites, ils ont de fortes chances de recueillir comme résultats, de la résistance, la rébellion, des mensonges et du ressentiment. Pourtant, pour amener un enfant à changer un comportement qu'ils trouvent inacceptable, les parents peuvent employer des méthodes beaucoup plus efficaces que le recours à l'autorité et au pouvoir, en établissant des limites et des restrictions.
 
 
 
Conclusion
 
 
   Nous avons montré qu'il est inévitable pour un être humain de ressentir à l'égard de ses enfants toute une gamme de sentiments variés et que les conditions qui influencent ces sentiments changent continuellement. Ce qui compte, c'est d'être authentique, de ne pas cacher ses véritables sentiments. Les parents n'ont pas l'obligation de toujours accepter inconditionnellement, ou même d'accepter d'une manière constante. Les enfants peuvent intégrer positivement les sentiments de refus de leurs parents, lorsque ceux-ci émettent des messages clairs et sincères qui correspondent à leurs véritables sentiments. Ainsi, les enfants pourront percevoir leurs parents comme des personnes authentiques, sincères et humaines.
 
 
 
Created with WebSite X5
Retourner au contenu